Aix-les-Bains : sur les traces de son histoire

Article publié le 22 juillet 2026 par Julie
Ce qu'il faut retenir
  • L’arc de Campanus et le temple de Diane témoignent de l’occupation romaine, à voir en plein centre-ville et gratuitement.
  • Le Grand Cercle Belle Époque se visite en partie, même sans y prendre les eaux.
  • Les Thermes Chevalley perpétuent une tradition thermale vieille de deux mille ans, sur réservation.
  • L’abbaye de Hautecombe se rejoint en bateau depuis le port, pour une demi-journée d’excursion.
  • Le musée Faure complète la visite avec une collection de sculptures originales de Rodin.
  • Prévoir le printemps ou l’automne pour éviter l’affluence estivale sur les rives du lac.

Peu de villes françaises doivent autant leur existence et leur architecture à une seule ressource naturelle. À Aix-les-Bains, tout, ou presque, part d’une source d’eau chaude jaillissant à plus de 40 degrés au bord du lac du Bourget, exploitée sans interruption depuis l’époque romaine jusqu’à nos jours, traversant vingt siècles d’histoire sans jamais se tarir.

Se promener dans Aix-les-Bains, c’est ainsi feuilleter plusieurs strates d’histoire superposées, de l’Antiquité à la Belle Époque, en passant par les grandes heures de la maison de Savoie.

Aix-les-Bains à l’époque romaine : Aquae et le temple de Diane

Les Romains, qui donnèrent à la ville son premier nom, Aquae Gratianae, furent les premiers à exploiter systématiquement les sources thermales locales dès le Ier siècle, attirés par les vertus curatives reconnues de ces eaux chaudes. Il reste de cette période l’arc de Campanus, arc funéraire remarquablement conservé érigé en l’honneur d’une riche famille locale, ainsi que le temple de Diane, aujourd’hui intégré au musée archéologique de la ville, qui abritait autrefois une partie des thermes antiques dont on visite encore les vestiges des piscines et hypocaustes.

L’âge d’or thermal du XIXe siècle

C’est cependant au XIXe siècle qu’Aix-les-Bains connaît son apogée, lorsque l’aristocratie européenne, de la reine Victoria à la famille royale d’Italie en passant par de nombreux têtes couronnées, en fait une station de cure incontournable sur la route des villes d’eaux du continent. Cette période a laissé un patrimoine architectural exceptionnel : le Grand Cercle, ancien casino et établissement thermal aux façades Belle Époque richement ornées, et de nombreuses villas cossues bâties par une clientèle internationale venue « prendre les eaux » pendant plusieurs semaines chaque saison.

Un tourisme thermal toujours vivant

Contrairement à beaucoup de stations qui ont périclité au XXe siècle, les Thermes Chevalley, bâtis dans les années 1930 en remplacement des thermes nationaux plus anciens, continuent d’accueillir des curistes aujourd’hui, perpétuant une tradition thermale ininterrompue depuis l’Antiquité et faisant d’Aix-les-Bains l’une des rares villes d’eaux françaises encore pleinement actives.

Patrimoine religieux et princier autour du lac du Bourget

À quelques kilomètres, sur l’autre rive du lac, l’abbaye de Hautecombe constitue un autre chapitre marquant de l’histoire locale : nécropole des princes de la maison de Savoie depuis le XIIe siècle, elle a été plusieurs fois détruite et reconstruite, notamment dans un style néo-gothique flamboyant au XIXe siècle sous l’impulsion du roi Charles-Félix de Sardaigne, et se visite en bateau depuis le port d’Aix-les-Bains, une traversée qui permet d’admirer le lac sous un autre angle.

Le musée Faure et l’héritage artistique de la ville

Moins connu que les thermes, le musée Faure conserve une collection remarquable léguée par un mécène local au début du XXe siècle, comprenant notamment plusieurs sculptures originales de Rodin ainsi que des œuvres impressionnistes, témoignage du rayonnement culturel qu’avait acquis la ville pendant son âge d’or thermal.

Le lac du Bourget, décor de toute une histoire littéraire

L’histoire d’Aix-les-Bains ne se limite pas à ses pierres : le lac du Bourget, plus grand lac naturel de France, a également inspiré l’un des poèmes les plus célèbres de la littérature romantique française. C’est sur ses rives qu’Alphonse de Lamartine rencontra Julie Charles en 1816, une idylle brève et tragique qui donna naissance au poème « Le Lac », devenu depuis un texte fondateur du romantisme français, encore étudié dans les écoles aujourd’hui. Une stèle commémorative, installée sur les rives du lac, rappelle cet épisode qui a durablement associé Aix-les-Bains à l’imaginaire romantique du XIXe siècle, contribuant à sa notoriété bien au-delà de sa seule réputation thermale.

Aix-les-Bains et la maison de Savoie

L’histoire d’Aix-les-Bains reste indissociable de celle de la maison de Savoie, dont plusieurs membres firent de la ville l’une de leurs résidences de villégiature privilégiées avant même l’engouement thermal du XIXe siècle. Cette proximité avec le pouvoir savoyard explique en partie pourquoi l’abbaye de Hautecombe, sur l’autre rive du lac, fut choisie comme nécropole dynastique : on y trouve encore aujourd’hui les tombeaux de plusieurs rois et reines d’Italie, descendants directs des ducs de Savoie, un lien entre histoire locale et grande histoire européenne que peu de visiteurs soupçonnent en découvrant la ville.

Guide Auvergne Rhone Alpes
Notre conseil "Guide"

Guide Auvergne-Rhône-Alpes - Carnet Petit Futé

Découvrir Découvrir Guide Auvergne-Rhône-Alpes - Carnet Petit Futé

Dans la même région